Louis Le Brun, demi d’ouverture du Castres Olympique, traverse une période difficile après une grave blessure au genou qui va l’éloigner des terrains pour plusieurs mois. En pleine ascension sur le terrain, cette blessure se fait ressentir comme un coup d’arrêt, mais l’homme a de la ressource.
La blessure : arrêt prolongé
Lors de la 3ème journée de Top 14 face à l’Aviron Bayonnais, Le Brun a été contraint de quitter le terrain sur civière dès la 17ᵉ minute après un plaquage agressif. Les examens ont révélé une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit, une blessure sérieuse qui le tient éloigné des terrains depuis plusieurs mois, privant ainsi le Castres Olympique de son ouvreur titulaire.
Impact sportif
La perte de Le Brun est un véritable coup dur pour le Castres Olympique, non seulement en raison de son rôle essentiel au poste d’ouvreur, mais aussi parce qu’il représentait une option intéressante pour le staff du XV de France. Son absence est préjudiciable pour le club, s’ajoutant à une longue liste de blessés pour le CO cette saison.
À propos de Louis Le Brun
Âgé de 23 ans et formé dans le Var avant de rejoindre le centre de formation de Toulon, Le Brun évolue actuellement à Castres depuis 2020. Polyvalent, il peut jouer demi d’ouverture, centre ou arrière, et s’est imposé comme une pièce importante du jeu castrais, ce qui lui a valu de figurer dans les plans du XV de France.
Mais trêve de présentation, allons prendre des nouvelles de Louis Le Brun afin de savoir comment se passe sa rééducation et comment il se sent d’un point de vue physique et moral.
Sa blessure et son état de santé
Peux-tu nous expliquer comment va ton genou actuellement ?
« Écoute, mon genou, il va plutôt bien. Ça a été un peu compliqué les premiers mois à la suite de l’opération, j’ai eu quelques problèmes, avec notamment une difficulté à retrouver la flexion de mon genou. Mais maintenant ça va bien, je commence à retrouver de la force et de bonnes sensations, donc c’est plutôt positif. »
Où en es-tu dans le processus de rééducation ?
« Dans mon processus de rééducation, j’ai passé les trois premiers mois, j’arrive bientôt au quatrième. Donc il est prévu que je reprenne la course en douceur si tout va bien. Et pour la suite, ça va venir au fur et à mesure. Je vais reprendre petit à petit la course de face, un peu sur le côté, quelques appuis. Et après on verra comment ça se passe. »
Le quotidien d’un joueur blessé
À quoi ressemble une journée type pour toi aujourd’hui ?
« Une journée type pour moi, c’est arriver au stade à 8h30-9h, ensuite direction la salle de muscu pour faire ma séance supplémentaire qui cible le haut du corps. Et ensuite l’après-midi, j’ai une séance de musculation du bas du corps, surtout axée sur mon genou et ma jambe droite. Et un jour sur deux, je vais à la piscine de Castres pour faire un peu de rééducation dans l’eau. »
Qu’est-ce qui est le plus difficile dans cette période ?
« Le plus difficile actuellement, c’est de voir les potes sur le terrain en train de s’entraîner et que toi tu restes dans la salle un peu enfermé à regarder. C’est ça le plus dur, c’est d’être éloigné du groupe. Même si on fait en sorte qu’il y ait le moins d’éloignement possible, tu restes quand même toujours un peu éloigné quand tu es blessé. »
Découvres-tu des aspects du métier que tu connaissais moins ?
« Oui, je découvre des aspects du métier que je connaissais moins. Par exemple, la muscu, c’est vrai que quand tu es dans une saison où tu n’as pas forcément de blessure, tu fais de la muscu mais différemment. Là, c’est vraiment de la muscu intensive. »
« Et en plus de ça, j’ai commencé à m’intéresser un peu à la nutrition et tout ce qui va avec. Donc j’ai la chance d’être accompagné sur ça et c’est quelque chose dont je n’avais pas eu besoin avant et dont je n’avais pas vraiment connaissance. Donc c’est vrai que je faisais un peu n’importe quoi, et je ne faisais pas vraiment attention. Et là, de faire attention, ça me met un cadre qui m’aide aussi pendant ma rééducation. »
Bien-être mental et soutien
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Mentalement, comment gères-tu cette longue indisponibilité et cette période loin des terrains ?
« Mentalement, ça a été un peu bizarre. Je suis passé par plusieurs émotions. On me l’avait un peu dit quand je me suis blessé, mais je le confirme : au début, tu ne te rends pas forcément compte que tu as une grave blessure. Pour moi, c’était un petit truc et j’allais revenir, enfin pas rapidement, mais ça allait être facile de revenir. Et au final, je me suis rendu compte au fur et à mesure que tu as toujours un petit souci ou une douleur par-ci, une douleur par-là. C’est vrai que c’est des moments un peu durs parce que tu te retrouves un peu seul face à toi-même. Il faut en avoir dans la tête parce que sinon tu peux vite débrancher, prendre des kilos ou même ne rien faire et ne pas revenir au top de ta forme. Donc c’est important de préparer ça mentalement. Moi, j’ai vu un psychologue quand j’étais à l’hôpital de Toulouse, à Médipole, où j’ai fait cinq semaines. J’ai travaillé avec lui. Ensuite, c’est vrai que c’est important d’en parler aussi à ses kinés parce que c’est avec eux que tu es toute la journée et c’est eux qui te permettent aussi de bien bosser en salle. Puis la famille, ma compagne, etc. C’est vrai que c’est important. Moi, j’ai ma compagne qui est très présente et qui est vachement à l’écoute sur ce que je ressens et elle écoute et ne jugera jamais ce que je lui dis. »
Est-ce que tu en profites pour travailler d’autres aspects ?
« Oui, j’en profite. J’en ai pas trop profité au début parce que je n’avais pas trop le droit de bouger, de faire des choses. Donc là, je commence plus à en profiter. Je peux reprendre les « skills » du haut. Et forcément, quand tu te blesses, il faut réussir à trouver un échappatoire entre guillemets et aussi un truc à renforcer, peut-être un truc que tu avais moins le temps de faire pendant que tu n’étais pas blessé. Donc c’est vrai que moi, c’est la passe. Je sais que je dois progresser dessus. Du coup, je me suis mis des objectifs d’en faire beaucoup plus qu’avant et de pouvoir revenir avec une passe de meilleur qualité. »
Quel rôle jouent le staff, tes coéquipiers et tes proches ?
« Le staff et mes coéquipiers ont un rôle vachement important parce que c’est avec eux que je suis au quotidien. Je sais que le staff me parle beaucoup, je vais souvent dans les bureaux pour parler un peu des matchs parce que j’en ai envie et parce qu’ils me laissent l’opportunité de le faire aussi. Donc ça déjà c’est quelque chose de fort. Je sais pas si ça se passe comme ça de partout mais en tout cas l’honnêteté et l’attention portée par le staff sont vachement utiles pour les blessés parce qu’on a besoin de cette relation et de ne pas se sentir lâché. »
« Ensuite pour mes coéquipiers, c’est vrai que c’est eux aussi qui nous permettent d’avancer parce que déjà rien que de les voir en train de jouer, ça nous pousse à revenir fort et à vouloir être avec eux. Et en plus de ça, ils sont vachement présents en dehors et pendant les entraînements, j’ai beaucoup de mecs qui viennent me parler donc c’est vrai que c’est un peu comme une deuxième famille et ça fait du bien. »
« Et mes proches, c’est un peu pareil que mes coéquipiers sauf que c’est un peu plus personnel parce que tu peux te livrer à eux. C’est vrai qu’il y a eu des moments assez compliqués surtout au début, j’ai eu des gros problèmes de flexion et ça m’a fait du bien de parler de ça à ma compagne et qu’elle m’aide à surmonter le truc parce que c’est vrai que tout seul c’est toujours un peu plus dur. »
Le regard sur l’équipe et la saison
Comment vis-tu la saison du Castres Olympique depuis l’extérieur ?
« Je la vis différemment parce que c’est vrai que tu es en dehors du terrain donc tu es un peu comme un supporter. Donc je la vis différemment des saisons précédentes. C’est vrai que c’est vachement stressant d’être en dehors et de ne rien pouvoir faire. Mais même si j’ai confiance en eux, c’est vrai que c’est différent de voir les matchs, d’analyser les matchs de l’extérieur, ça permet de voir beaucoup plus de choses. »
Restes-tu impliqué dans la vie du groupe malgré ton absence et si oui comment ?
« J’essaie d’être le plus impliqué dans la vie du groupe comme je l’ai dit tout à l’heure. Grâce au staff surtout. J’essaie de garder un peu l’esprit au rugby pendant ma blessure pour me préparer au mieux pour ma reprise. »
Ambitions personnelles et sportives
Quelles sont tes priorités à court terme et ambitions avec le CO ?
« À court terme c’est simple, c’est de reprendre la course et d’aller mieux. J’attends de faire ça et je travaille pour que ça se fasse le plus rapidement possible et le plus sereinement possible. Et à moyen terme c’est forcément de reprendre le rugby, de rejouer. J’aimerais rejouer cette saison, je ne sais pas si ça va être possible mais c’est mon souhait. Donc on verra comment ça se passe mais l’objectif c’est ça. »
L’équipe de France reste-t-elle un objectif malgré cette blessure ?
« Oui, le XV de France, j’y ai goûté même si je n’ai pas eu de sélection, mais honnêtement ça reste un objectif, parce que je suis un rugbyman français donc on rêve tous un jour de porter le maillot bleu. Après honnêtement, avant ma blessure c’était un objectif que j’avais en ligne de mire et que je voulais atteindre rapidement. Mais là c’est vrai que de m’être blessé a un peu tout chamboulé. Actuellement mon objectif principal c’est de rejouer. C’est d’être performant. Ensuite je sais qu’en étant performant avec l’équipe ça m’ouvrira des opportunités et peut-être les portes de l’équipe de France. Mais en ce moment je suis focalisé sur moi et sur Castres. Mais on peut dire que c’est un objectif un peu plus lointain parce que l’objectif principal, il est de rejouer avec le CO. Chaque chose en son temps donc quand je rejouerai, je pourrai dire que c’est un objectif oui. »
Le mot de la fin
Qu’est-ce que cette période t’a appris sur toi-même ?
« Elle m’a appris beaucoup de choses et je pense qu’elle va encore m’en apprendre d’autres. C’est vrai que c’est après une blessure comme ça, je pense, qu’on est totalement différent que ça soit dans la tête ou même dans le corps. Je pense qu’elle m’a appris à prendre plus soin de mon corps . De me rendre compte des choses, des douleurs que j’ai, de savoir quand ce n’est pas normal ou autre. Après elle m’a appris une deuxième chose aussi, c’est que notre corps est très fort et qu’il se remet rapidement, qu’il a de la mémoire, qu’il se rappelle de comment on était avant de se blesser. Et je le vois au fur et à mesure, en reprenant un peu la muscu, je sens que mon corps se rappelle des choses et que ça revient plus facilement. »
« Cela m’a aussi appris que quand ça n’allait pas, il fallait en parler et que ça soit mentalement ou physiquement. C’est vrai que mentalement on parle beaucoup de santé mentale dans le rugby mais c’est un point vachement important et quand on ne va pas bien, il ne faut pas hésiter à en parler et moi c’est ce que j’ai fait quand j’étais un peu dans le dur au début de ma blessure. C’est vrai que j’ai pas hésité à en parler à mes proches, à ma compagne et à mes coéquipiers et c’est important de demander de l’aide mais aussi d’être écouté et de sentir que les gens ont besoin de nous, et de sentir que les gens ont hâte que l’on revienne. »
Quel message aimerais-tu adresser aux supporters ?
« Si j’avais juste un mot pour les supporters ce serait merci. Parce que c’est agréable de recevoir des messages, de l’amour et c’est ce pour quoi on joue, c’est pour les rendre fiers et heureux et de voir qu’ils veulent qu’on revienne sur le terrain rapidement, ça fait vraiment très chaud au cœur. »
Un grand merci à Louis et au Castres Olympique pour cet entretien d’un joueur et d’un homme qui souhaite partager autant dans la vie que sur le terrain.
À très vite sur les pelouses de Top 14.
![[Exclu] L'interview exclusive de Louis Lebrun (Castres Olympique) après sa grave blessure image 1](https://www.rugby-transferts.com/wp-content/uploads/2025/03/image-1.jpg)
Bruno Lancelle, né en 1986 à La Seyne-sur-Mer (Var), aujourd’hui Kinésithérapeute, est un ancien joueur de rugby à XV qui évoluait au poste de demi d’ouverture, passé par Toulon, Lyon, Provence Rugby, La Seyne-sur-Mer, US bressane, Lille et Hyères.




![[Exclu] L'interview exclusive de Louis Lebrun (Castres Olympique) après sa grave blessure le brun co](https://www.rugby-transferts.com/wp-content/uploads/2026/02/le-brun-co.png)






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